Sculpteur

corps et âme

"J’ai toujours rêvé d’être traversée par la foudre. De survivre pour sculpter cette fulgurance électrique, lumineuse, mortelle."

 

Toute sa quête artistique est là : faire jaillir l’éclair, foudroyer l’autre.

Créer le trouble émotionnel.

Percevoir son éblouissement : percer et voir.

Réinventer le coup de foudre. 

Figer dans l’instant un moment de grâce, la vibration d’une émotion pour suspendre un frisson.

 

Le corps en tension est au centre de son art.

Elle cherche l'âme par le corps.

L’esprit par la transcendance corporelle. L'existence par la sensation physique.

Le dualisme est la source de son inspiration, influence de ses études de philosophie. 

Eva sculpte corps et âme.

Elle travaille l’argile avec une passion dévorante.

Elle est enchainée à cette terre comme à l’acte de création.

Elle modèle comme elle respire et elle respire quand elle sculpte.

L’argile coule dans ses veines et s’échappe sous ses phalanges pour faire naître des créatures ni terrestres, ni aquatiques, ni lunaires qui lui échappent et trouvent ainsi leur propre liberté.

C’est en sculptant qu'Eva Czaplicki est devenue sculpteur.

Ses œuvres ont toujours été ses seuls maîtres.

Leur exigence est féroce, infinie, leur insatisfaction permanente.

Leur punition parfois douloureuse.

Eva résiste à tout sauf à son besoin de sculpter. 

 

Deux fois, elle fuit l’Ecole Supérieure des Beaux-Arts avec culpabilité et libération, gardant de cette expérience deux principes fondamentaux qui guident sa vie artistique. « Vous avez un parfait nom d’artiste, il est imprononçable ! Ne changez jamais ! » lui dit-on dans la grande école et puis aussi « Ne travaillez plus votre connaissance de l’anatomie ! ».

Les deux C de son nom sont silencieux. On dit tout simplement "Zapliki". Ils forment cette bulle d’eau dans laquelle elle s’enferme pour nager avec les créatures qui habitent son monde. Nageuse depuis l’aube de ses jours, avant même de savoir fouler la terre, l'eau est son élément

La connaissance des corps est innée. Eva n’a jamais ouvert un livre d’anatomie.

Elle n’utilise pas de modèle. Aucun ne supporterait ses poses astreignantes.

 

En 2020, Eva Czapkicki reçoit au Grand Palais la Mention du Jury pour son bronze  « Origine »  à la 230eme édition du Salon des artistes français. 

Créer, c'est naître et renaître, c'est vivre mille fois. Eva signe ses œuvres de son nom et du disque de Phaïstos assorti du symbole ichtus du poisson. Ce disque est "une goutte de parfum", un baptême de la sculpture.